vendredi 2 juin 2017

Moi, Lorie 15 ans



Synopsis :


Lorie, 15 ans, n'a pas une vie facile.

Depuis aussi longtemps qu'elle s'en souvienne, sa mère la déteste, sans vraiment qu'elle sache pourquoi.

Heureusement, son père rééquilibre la balance ce qui lui permet d'endurer son quotidien. Jusqu'au jour où un deuil la frappe de plein fouet, son père change du tout au tout.

Elle ne pourra plus compter que sur son oncle Franck et son meilleur ami Logan, qui se révèle être bien plus qu’un simple ami ou « frère de cœur ».


Chronique :


Avant tout, je tiens à remercier Évidence éditions et l'auteure Léaly Morgane pour ce service-presse, ainsi que pour le partenariat. C'est une première en tant que blogueur, et j'en suis honoré.

Ce court roman s'est révélé poignant par son histoire. Le quotidien effroyable que mène Lorie peut parler à certain(e)s adolescent(e)s, car cette dernière est mal dans sa peau, a du mal à s'assumer et vit un enfer familial. L'histoire peut faire écho à chacun d'entre nous, car ancrée dans un quotidien réaliste, où l'auteure montre bien que toutes les familles ne vivent pas heureuses, loin de là.

Je dois dire qu'au début, j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, me tenant à distance de celle-ci. Je comprends que l'histoire soit courte car très sombre, mais j'aurais aimé que certaines relations soient plus approfondies malgré tout, car je ne suis pas parvenu à m'attacher aux personnages, bien qu'ils ne soient pas plats pour autant.
La romance a eu tendance à m'agacer au début, car je la trouvait clichée, avec la fille mal dans sa peau craquant pour le gars inaccessible et volage. Les réactions de ce dernier restaient flous d'ailleurs. Cependant, celle-ci reste quand même réaliste, avec les espoirs et les déceptions propres aux ados, souvent utopiques.

Cependant, vers plus de la moitié de l'histoire, ça s'est amélioré. Même si les relations avec les amies de Lorie restaient survolées, j'avais commencé à apprécier davantage la romance, les personnages révélant leur mal-être et sachant se remettre en question, même si dans les dialogues cela faisait parfois "fleur bleue" à mon goût.

Mais le plus troublant dans l'histoire reste le calvaire de Lorie. L'auteure montre clairement à travers son quotidien toute la lâcheté dont des parents sont capables, car n'assumant pas leurs erreurs et rejetant la faute sur leur enfant, qui lui n'a rien demandé, et surtout pas à venir au monde dans de telles conditions. Certaines choses demeurent au-delà de notre compréhension malheureusement, et prouve à quel point l'humain peut être fragile psychologiquement. Je pense que certains doivent d'ailleurs être fous de nature pour agir ainsi.

L'écriture de l'auteure sied bien à l'histoire, avec une écriture simple et compréhensible, décrivant cette notion du quotidien avec clarté et humanisme si je puis dire.

Malgré la rapidité des événements dans leur globalité, qui m'auront empêché de m'attacher aux personnages et de rentrer profondément dans l'histoire pendant un moment, cette histoire fût finalement agréable et surtout touchante. Bravo à l'auteure, car je pense qu'il faut un certain courage pour écrire ce genre d'histoire, qui peut s'apparenter à un journal intime.

lundi 29 mai 2017

Inalia tome 2 - Les larmes de saphir



Synopsis :


Dans le château d'Inalia, une main dominatrice tire les ficelles dont Pénélope est désormais prisonnière.

Telle une marionnette, un pion sur un échiquier pervers, elle voit son destin lui échapper et perd tout contrôle sur son existence : mensonges, trahisons, morts, violences, chantage... Son monde s'écroule pièce par pièce.

La venue des Elfes dans le royaume, lueur d'espoir se profilant à l'horizon, suffira-t-elle à détourner le sort qui s'acharne ?


Chronique :


J'attendais ce 2ème tome avec impatience, et je ne fus pas déçu, malgré quelques lacunes.
Ce tome 2 commence exactement là où le 1er s'était terminé, dans sa fin insoutenable. 

Je dois dire que la tension a été encore plus forte que dans le 1er. J'ai senti les personnages changer, s'affirmer, ou se découvrir pour certains. Mais les complots et trahisons sont eux aussi légions, ne laissant aucun répit aux personnages.
Maud laisse l'opportunité de faire s'exprimer les émotions de chacun, même si des personnages comme Sylvia (un phénomène décidément) ou Lucie mériteraient davantage de développement, car elles ont quand même une certaine importance au final dans l'histoire. 
J'ai aimé le fait que Timothée soit plus mis en avant, et certaines révélations à son sujet m'ont agréablement surpris. Je l'ai encore plus apprécié que dans le 1er, car il se révèle plus fort qu'il n'y parait, s'affirmant davantage dans ce tome. 
Le Roi s'avère être un personnage à la fois écœurant et intimidant. Ses véritables intentions demeurent plus ou moins mystérieuses, mais ses échanges avec Pénélope sont vraiment prenants car ils dégagent une force palpable.
Laurine, que j'avais déjà beaucoup apprécié, a montré encore plus de panache dans celui-ci. C'est une personne vraiment dévouée et attentionnée, qui n'a pas peur d'affronter sa famille pour le bien de Pénélope et des autres. J'aime beaucoup sa personnalité, c'est l'un des personnages les plus plaisants de la saga pour le moment, et j'espère que ça le restera.
J'ai moins apprécié Pénélope cette fois. Certes, elle garde sa personnalité et vit des choses horribles, ce qui opère une évolution dans son caractère, mais j'ai trouvé qu'elle ne se concentrait pas assez sur les choses essentielles à sa survie et sur elle-même, bien qu'elle finisse par prendre une bonne décision à un moment de l'histoire.
Quant à Alexandre... Si dans le 1er tome il m'avait intrigué, je peux dire que dans celui-ci, je l'ai adoré ! Certains de ses agissements demeurent un brin excessifs, mais pour la plupart compréhensibles. Il est celui qui a connu la meilleure évolution, car il révèle une certaine vulnérabilité, tout en continuant à dégager la prestance qui lui est propre. Sa psychologie est travaillée, et je comprenais ses sentiments, ce qui le tourmente tant. Malgré sa dureté et le mystère qui l'entoure, je suis persuadé que c'est un homme bon et sincère, même si le tome suivant pourrait peut-être (ou non) révéler des surprises.

J'en viens à un élément qui m'a fâché en particulier : la romance entre Pénélope et Stéphane, et Stéphane lui-même. 
Si dans le 1er tome, je trouvais que la romance ne prenait pas trop de place par rapport au côté anticipation, là ce fût l'inverse à mes yeux. Pénélope, bien que pensant à ses amies et à leur survie, n'avait quasiment que Stéphane à la bouche, et à la longue je me disais qu'elle avait quand même autre chose à penser (elle est jeune mais ça n'excuse pas tout), même si Maud continue à nous livrer ses pensées et ses interrogations par rapport à celles et ceux qui l'entourent. Venons-en à l'intéressé justement. Dans le 1er tome, j'avais apprécié sa morale et sa vision quant à la société dans laquelle il vit, je me disais qu'il était différent de la plupart des autres personnages, même si je restais sur mes gardes malgré tout. Quelle ne fût pas ma surprise en découvrant à quel point il retournait sa veste avec facilité. J'ai été surpris du traitement du personnage, que j'ai trouvé hypocrite et effacé. Je regrette de ce fait que la romance entre les deux ait pris une telle place.

Autre point m'ayant gêné : le manque de développement de la société. Dans le 1er tome, je trouvais compréhensible que tout ne puisse être révélé sur le Grand Changement, bien que certains éléments nous donnaient des réponses. Mais dans ce tome-ci, bien que les mêmes messages sur la nature, les animaux et autres subsistent, j'aurais aimé en savoir plus sur le fonctionnement de la société dans sa globalité. L'histoire se concentre davantage sur les intrigues au château, et c'est dommage. Étant un 2ème tome, je m'attendais à des réponses supplémentaires sur le fonctionnement économique, la répartition des différentes classes, etc... Je comprends cette volonté de faire revenir la société au temps où l'esclavage était légion, où l'eau et l'électricité n'étaient pas aussi abondantes pour le peuple, tout en faisant un parallèle avec notre époque, mais c'est dommage que Maud n'ait pas davantage développé ce côté de l'histoire cette fois.

Cela étant dit, l'histoire est toujours aussi prenante et est encore plus sombre que dans le tome précédent. L'écriture de Maud est toujours aussi agréable, ayant cette capacité à faire ressentir des émotions vraiment palpables. Ce tome démontre également la cruauté dont sont capables les haut-placés, me rappelant l'antiquité et ce côté gladiateur dans certaines scènes. Aussi, il fait la part belle à la liberté, à nos choix et à ses conséquences, tout en posant une question importante : doit-on tout sacrifier pour l'être aimé, ou doit-on sacrifier l'être aimé au nom de notre liberté et de notre souhait d'avoir une vie meilleure ?

Une relation Pénélope / Alexandre aussi troublante que touchante, des personnages travaillés pour la plupart, une tension qui submerge, l'arrivée du peuple Elfe, un tigre mystérieux... Autant d'éléments qui m'auront fait adorer ce second tome, malgré quelques lacunes émises. Mais finalement, là où certain(e)s ont préféré ce 2ème tome au 1er, je ne peux pas dire que je l'ai préféré, mais plutôt quasiment autant aimé que ce dernier.

J'attends le tome 3 avec un certain empressement, car Maud laisse encore le lecteur sur une terrible fin ! J'espère simplement qu'il permettra d'en découvrir davantage sur l'univers et d'apporter la plupart des réponses attendues. De même, je n'aimerais pas constater que la saga tourne en rond et se centre davantage sur la romance que sur l'anticipation, même si je sais qu'il y a un mélange des deux. Il s'agit quand même d'anticipation avant tout.

PS : comme il s'agissait d'une LC avec Papillon Voyageur et La tasse ébréchée, voici leurs chroniques :

Papillon Voyageur

La tasse ébréchée

lundi 1 mai 2017

Élixir de nouvelles steampunk



Synopsis :


Élixir vous ouvre les portes d’un passé futuriste qui n’a jamais existé.

À moins que...

Dans ce monde de vapeur et de rouages où science et magie se côtoient, vous rencontrerez des inventeurs plus loufoques les uns que les autres, parfois charmants, d’autres fois terrifiants. Vous découvrirez un appareil photographique qui n’en fait qu’à sa tête, un sous-marin en quête de créatures fabuleuses, un musée de cire où les statues prennent vie, le premier ordinateur de l’Histoire, et bien d’autres choses encore.

Au fur et à mesure de votre lecture, d’étranges liens entre les textes éveilleront votre intérêt. Vous ne pourrez vous empêcher de remarquer la présence fugace mais récurrente de mystérieux matériaux aux étonnants pouvoirs. Et si la dernière nouvelle vous livrait leur secret ?


Chronique :


Le Steampunk est un genre qui, de base, me plait beaucoup. Et ce recueil de nouvelles a été une superbe découverte.

Toutes les nouvelles sont très prenantes et pertinentes dans leurs messages. Si je les ai toutes aimées, c'est l'avant-dernière qui a tout de même ma préférence. Elle est celle qui m'a le plus subjugué, et est immersive au possible.

La force principale de cet excellent recueil réside dans son fil conducteur, où sciences et magie s'entremêlent parfaitement et avec crédibilité. Delphine a construit chaque nouvelle avec minutie, restant cohérente dans la construction globale de son œuvre. Presque chacune des nouvelles a une fin plus ou moins ouverte. Même si je m'attendais à un autre dénouement pour certaines d'entre elles, elles ont au moins le mérite de laisser place au raisonnement et à l'imagination du lecteur. 
Personnellement, j'étais parvenu pour la plupart à deviner les tenants et aboutissants quant à celui ou celle qui tirer les ficelles. Néanmoins, le suspense demeure assez bon, car certains rebondissements sont plutôt inattendus.

Delphine a construit son recueil tel un puzzle, dont il faut pouvoir assembler chaque morceau pour savoir de quoi il en découle. Dans chaque nouvelle, la tension demeure palpable et l'intrigue mystérieuse. Je me demandais sans cesse ce qui allait vraiment se passer, réfléchissant au lien qu'il pouvait y avoir entre elles. À la fin du recueil, je peux dire que je ne m'attendais pas à une telle révélation, me faisant dire que Delphine a été plus loin que je ne l'aurais pensé. Et le plus drôle, c'est que ça tient parfaitement la route.

Je parlais plus haut de l'avant-dernière nouvelle m'ayant particulièrement submergé. Celle-ci demeure pour moi une prouesse de créativité. Les messages quant à notre monde et les conséquences des actions humaines apparaissent très clairement dans cette nouvelle. J'ai d'ailleurs été très agréablement surpris en croisant certains personnages très célèbres, ayant eu un impact non négligeable sur l'humanité.

Au travers des différentes nouvelles, Delphine a mis en scène des personnages crédibles et attachants (comment ne pas être touché par cet homme au passé douloureux se faisant justice lui-même), ainsi que des technologies apparaissant déjà révolutionnaires dans ces époques antérieures. J'ai trouvé fascinant de découvrir ces anciennes technologies, le parallèle avec notre époque se faisant aisément. Il était effarant de constater à quel point celles-ci ont évolué.

Ce recueil de nouvelles démontre toute la soif de pouvoir et de savoir pouvant ronger l'humain. Dans sa nature, celui-ci est sans cesse en quête de nouvelles connaissances, voulant tester ses limites, le plus souvent pour d'obscures raisons (l'argent, la domination, le contrôle sur autrui...). Mais comme Delphine le fait bien comprendre, c'est quand il est trop tard que l'humain prend soudain conscience de ses erreurs. Ce recueil envoie pour moi un message clair : le passé, autant au niveau humain que technologique, ne doit pas être oublié, et doit permettre à l'humain d'agir dans le bon sens pour le futur.

Cet excellent livre ne serait pas non plus ce qu'il est sans la très belle écriture de Delphine. Les mots défilent tout seuls, grâce à un vocabulaire clair et recherché en même temps, collant parfaitement au thème et à l'époque dans laquelle les nouvelles se déroulent. Elle est parvenue à m'immerger facilement dans son univers, tissant les fils de son intrigue telle une marionnettiste.

Original, pertinent, intelligent et mystérieux, sont pour moi les qualificatifs qui conviennent à Élixir de nouvelles steampunk, qui mérite vraiment d'être découvert. Grâce à ce recueil, Delphine a accentué mon envie de connaitre davantage d'œuvres dans ce genre, qui est très intéressant à plus d'un titre. 

vendredi 21 avril 2017

Ronces Blanches et Roses Rouges



Synopsis :


Orphelines d’un passé dont elles n’ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune sœur Eloane sont aussi différentes qu’inséparables.
Quand leur tutrice, Iphigénie Whitecombe, fiance l’aînée à un inconnu, leur avenir sombre dans l’incertitude… Pour échapper au mariage qui l’effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite.
Au cœur d’une forêt obscure et de sa propre tourmente, elle se fait toutefois une promesse : celle de revenir chercher sa sœur.
Quitte à affronter l’ours qui rôde dans son sillage.
Quitte à suivre les ronces blanches et les roses rouges.
Quitte à croire en la magie.
Mais c’est sans compter sur l’énigmatique pianiste qui compose une toile de mélodies enivrantes, dans son château où la nuit est synonyme de toujours…
La musique, le désir de vengeance, l’amour véritable comme l’attirance malsaine tissent les fils rouges et blancs qui se croisent et se nouent jusqu’à la fin de ce récit enchanteur, inspiré par le conte des frères Grimm : Blanche-Neige et Rose-Rouge.


Chronique :


Magic Mirror Éditions est une récente maison spécialisée dans la réédition des contes, que ces derniers soient des classiques ou des histoires oubliées. Et pour leur première publication, je n'ai qu'une chose à dire : chapeau !

Je suis immédiatement rentré dans l'histoire, car ce qui m'a frappé d'emblée, c'est l'ambiance à la fois onirique et mystérieuse mise en place, ainsi que la magnifique plume de Laetitia. Celle-ci est à l'image de ce merveilleux conte : féerique, poétique, douce et sombre à la fois. Elle reste toujours cohérente avec son propos, parvenant à me faire ressentir les sentiments et émotions des personnages.

Ces derniers sont bien construits et suffisamment développés pour que le lecteur prenne le temps de se familiariser avec eux. 
J'ai beaucoup aimé Sirona, qui incarne la prudence, le mystère et la raison, tout en demeurant plus sensible qu'il n'y parait. Le fait qu'elle sache voir au-delà des apparences m'a touché, bien qu'au départ, elle ait du mal à croire en la magie. Les événements dont elle va être témoin vont la forcer à reconsidérer son opinion sur cette dernière. C'est un personnage intelligent qui a également une certaine force de caractère, et ça m'a beaucoup plu.
Eloane est l'opposée de Sirona : plus gaie, enjouée, mais aussi plus naïve. J'ai aimé sa relation avec Sirona, faite de remises en question et de compréhension. Elles sont protectrices l'une envers l'autre, même si la vie et les événements rencontrés ne vont pas les épargner.
Quant au pianiste, j'ai eu, tout au long de l'histoire, du mal à le cerner. Plus exactement, je comprenais ses intentions, mais mon sentiment oscillait sans cesse entre désarroi et peine. C'est un personnage qui demeure énigmatique et ambigu.

L'intrigue du roman est saisissante, pleine de suspense. Elle est entourée de mystère, de féerie, de poésie, nous rappelant l'enfant qui sommeille en nous, à cette époque où nous nous émerveillions devant les paysages enneigés, la beauté même de la nature et tout ce qui l'entoure. C'est une histoire tendre et forte à la fois, qui ne manque pas d'émouvoir et de surprendre par sa sensibilité et ses messages cachés.

Laetitia a fait bien plus que se réapproprier ce fameux conte oublié des frères Grimm : elle a construit cette histoire à sa manière, avec sa plume et sa sensibilité, lui donnant un nouveau souffle. Magic Mirror a eu une superbe idée en incluant le conte original à la fin de l'histoire, permettant de le (re)découvrir et de se faire sa propre idée par rapport à ce qu'en a fait Laetitia. Je ne m'étendrais pas sur le sujet, mais je trouve que Laetitia l'a magnifié, lui donnant un côté plus mature et encore plus humain, tout en créant sa propre histoire, et c'est un vrai tour de force.

Ce conte est absolument merveilleux. Ce qui fait tout son charme réside pour moi dans sa morale et les messages qui y sont dissimulés. C'est un vibrant hommage à la nature et à son respect, à l'art dans son ensemble (notamment la musique), ainsi qu'aux liens familiaux. 
Laetitia, à travers sa plume, donne corps à la nature et à ses éléments, faisant comprendre que tout ce qui nous entoure a une âme et une volonté propre. La nature devient de ce fait un personnage à part entière dans l'histoire. Et cet ours... Si sensible, si humain... Je ne pouvais m'empêcher d'être ému à chacun de ses passages, ainsi que par ce lien qui se crée entre lui et Sirona. Voilà de ce fait un autre message : les animaux sont des êtres vivants, comme nous, plus sensibles encore que nous le sommes, ce ne sont pas des objets ou des trophées, et il faut eux aussi les respecter.
Il y a également beaucoup de leçons à tirer au niveau humain, cette histoire démontrant que les apparences ne font pas tout, et que la soif d'argent, la convoitise et la jalousie font partie de la nature humaine, certains étant prêts aux pires atrocités pour obtenir ce qu'ils veulent.

Je finirai en disant que ce conte se ressent plus qu'il ne se comprend. Tout n'est que sensations et émotions, le langage des fleurs, du vent et des autres éléments parlant pour nous. C'est original, enchanteur et vivant.

Félicitations à Magic Mirror éditions pour cette publication. Il ne fait aucun doute que cette maison a un potentiel certain et est à suivre de très près, en tout cas c'est très bien partie. Et surtout, félicitations à Laetitia, pour avoir brillamment reprit ce conte, faisant de celui-ci quelque chose de personnel et d'atypique.

samedi 1 avril 2017

Ray Shepard tome 1 - Amnésie



Synopsis :


« Mon frère, si tu crois encore assez en quelque chose pour t’y raccrocher, fais-le ; car je vais te retrouver et te tuer. »


Chronique :


Ray Shepard est une lecture qui m'a chamboulé à bien des niveaux, n'en ressortant pas indemne.

Dès le départ, Morgane plonge le lecteur dans une ambiance sombre et inquiétante, démarrant pied au plancher. J'ai été immédiatement happé par cette atmosphère oppressante, pour ne plus en ressortir. Il se dégage rapidement quelque chose d'envoûtant, de terriblement attirant. 

Les personnages mis en scène y sont pour beaucoup, car la plupart ont du charisme à revendre. Morgane leur a donné à chacun une personnalité et une aura qui les rendent aussi intriguants qu'attachants, et même détestables pour certains. J'ai vraiment aimé le fait que Morgane s'attarde sur chacun d'entre eux, permettant au lecteur de connaitre leur histoire, leurs sentiments, leur personnalité... Elle leur donne une profonde humanité.
Ray Shepard, le personnage principal, est l'exemple même du charisme. Imparfait, il est surtout complexe et mystérieux. Je ne l'ai jamais trouvé mauvais, car selon moi, son vécu l'a poussé à adopter une attitude pour le moins asociale, mais je me suis toujours persuadé qu'au fond, il a une belle personnalité. Je suis parvenu à m'attacher à lui, car il défend de belles valeurs et sa psychologie est très travaillée.
J'ai aimé la plupart des personnages, comme Kaily (qui se révèle de plus en plus intéressante au fil de l'histoire) ou encore Matt. Mais mon personnage préféré avec Ray Shepard est assurément Mariah. Elle dégage quelque chose qui est à la fois sauvage et mystérieux. C'est une fille maligne, avec ses qualités et ses défauts, que j'ai trouvé vraiment attachante. Comme Ray, elle possède un magnétisme qui intrigue et fascine en même temps. 
Ce qui fait la force des personnages également est leurs interactions. Elles sont très travaillées, naturelles et intimistes. Les émotions sont de ce fait très palpables, à un point tel que j'avais toujours l'impression de me trouver aux côtés des personnages et de vivre leurs situations. 

L'écriture de Morgane magnifie tout cela. Même dans les passages où elle s'attarde sur les sentiments des personnages, je ne me suis jamais ennuyé, tellement elle parvient à rendre le tout vraiment prenant. Les mots sont soigneusement choisis, réfléchis, bref, son écriture m'a charmé par sa fluidité et sa puissance émotionnelle.

Quant à l'intrigue, celle-ci est d'une grande cohérence. Elle est bien pensée, construite avec soin, Morgane prenant le temps de distiller les infos mais sans en faire trop, gardant toujours l'effet de surprise. Rien n'est laissé au hasard, les nerfs du lecteur étant mis à rude épreuve. Certains évènements m'ont même déchiré le cœur, c'est dire. Entre trahisons, coups de théâtre et flashbacks, le lecteur en a pour son grade. Là aussi l'émotion est au rendez-vous, car Morgane s'attarde également sur les relations familiales, donnant du corps à l'ensemble et un surplus de sensations. C'est en cela qu'il y a finalement beaucoup à apprendre d'une telle histoire, car malgré sa noirceur, elle prône de belles valeurs et une humanité indéniable, nous faisant comprendre l'importance des relations et la soif de pouvoir de l'humain, entre autres choses.

Dernier point et non des moindres : la magie utilisée. C'est bien simple, l'ambiance urbaine et réaliste du roman donne encore plus de mordant au système de magie. L'alchimie est quelque chose qui m'émerveille, me faisant penser à la sorcellerie, et l'utilisation du double animal, reflétant la moitié d'âme de la personne, rend cette magie délectable. Les combats sont décrits avec une intensité et une précision qui m'ont laissé sans voix. C'est imagé au possible, et les sensations sont électriques. Morgane a donc donné à sa magie (et même à l'ensemble de son œuvre) un côté à la fois original et intimiste. 

J'ai du mal à décrire à quel point cette lecture, à la fois fascinante et envoûtante, m'a marqué. Cette histoire est plus mature qu'il n'y parait. Morgane a construit un univers avec ses propres codes. Un univers sombre, attachant, oppressant par ses personnages et leurs mystères. 

Ray Shepard est un coup de maître de la part de son auteure, et un sacré coup de cœur pour ma part. Honnêtement, Morgane a tout d'une grande, et son livre mérite vraiment d'être connu par le plus grand nombre. Oui, ce n'est pas un classique et il n'est pas publié par une grande maison d'édition, mais le talent ne se range pas dans une case. Morgane en a énormément, de même que les éditions Plume Blanche. Car pour avoir accepté de publier un roman aussi magnifique, il en faut certainement, de même qu'une intuition indéniable.

lundi 20 mars 2017

Ashura



Synopsis :


Supposons que notre monde ne soit pas le seul.
Supposons qu’il en existe un autre pour recueillir les âmes des défunts.
Supposons maintenant que l’équilibre se brise, que ces deux mondes se mêlent et s’emmêlent, que les démons s’échappent des Enfers, que les morts enfantent des vivants…
Une guerre éclate entre deux camps immortels. Pour l’un, un seul objectif : rétablir sur le trône l’Ashura, la Reine des Démons. L’autre tentera d’empêcher que la nouvelle élue y parvienne.
Au cœur de ce conflit, une adolescente, préoccupée par ses propres problèmes, ignore tout de sa destinée.
Mais son destin va bientôt basculer, des batailles se déclarer et le sang devra couler…
Trouvera-t-elle une raison de vivre suffisamment forte pour la pousser à tenter de sauver toutes ces âmes en perdition ?
Car chacun a le droit de goûter à la vie, tant qu’il ne l’a pas encore perdue.
 

Chronique


J'ai mis beaucoup plus de temps que prévu pour le lire, et pourtant, ce fût une excellente lecture, malgré quelques bémols.

Sachant qu'il s'agissait, via les éditions Underground, d'un manga littéraire, j'ai lu ce livre comme si je regardais un manga. J'ai été agréablement surpris par le ton décalé et déjanté de l'œuvre. Léti a un humour désopilant, et ses références à certains mangas m'ont fait énormément plaisir. De plus, il y a pas mal de passages ou j'étais vraiment mort de rire. L'humour est clairement le point fort du livre.

Je dois dire cependant qu'à certains moments, les personnages, notamment le principal, se perdaient trop en divagations, et les fréquents points de suspension freinaient quelque peu ma lecture, cassant le rythme de l'action en cours. De même, je trouvais que certains passages passaient trop soudainement d'une scène à une autre, ne comprenant pas toujours où je me trouvais exactement. Je ne dis pas que ce n'était pas assez imagé, mais la construction me laissait parfois sceptique.

Pour continuer sur les personnages, ils sont aussi spéciaux qu'attachants, pour la plupart. Si certains restent détestables, d'autres cachent une personnalité plus profonde et humaine, n'étant pas ce qu'ils paraissent être au premier abord. En tout cas, un gros travail a été fait sur eux.
J'ai peu à peu pris le personnage principal en sympathie, comprenant les raisons de son comportement au vu de tout ce qu'il a traversé, même si j'avais parfois également du mal à le cerner, ainsi que de trouver qu'il se contredisais. Mais ça n'enlève en rien l'empathie que j'ai ressenti à son égard au fil de l'histoire.
Mais pour moi, le personnage le plus spécial et le plus inquiétant à la fois est sans conteste Djy. Je n'en dirais pas plus, mais il réserve bien de surprises.
Malgré tout, j'ai parfois eu du mal à ressentir vivement des émotions. Peut-être parce que l'humour prenait le pas sur le reste. Cela dit, dans la dernière partie, la donne a quelque peu changé.

L'intrigue proprement dite est intéressante, même si au premier abord, le fond n'est pas plus original que ça. Ce n'est qu'au fil du récit que je me suis rendu compte de la richesse de l'histoire, notamment sur le plan humain, d'autant plus que la forme, elle, est clairement originale.

Globalement, ce roman sort des sentiers battus. L'auteure a une très belle écriture, ainsi qu'une belle imagination. 
La dernière partie du roman est celle qui m'a le plus plu, se faisant plus sombre, plus humaine, sans pour autant perdre son humour.
Je pense que pour vraiment apprécier un tel roman, il faut savoir le prendre au second degré, en partie.
L'auteure a eu la bonne idée d'alterner les points de vue, intervenant également elle-même à certains moments. Une manière de montrer, à mon avis, que les personnages et l'écrivain ne font finalement qu'un, ce dernier étant à la fois créateur de l'histoire et protagoniste à part entière. J'ai d'ailleurs trouvé ses interventions vraiment amusantes, créant une interaction supplémentaire, et permettant à tous les personnages de s'exprimer. Quasiment aucun n'est laissé au second plan, chacun ayant son histoire, son vécu. J'ai trouvé ça vraiment appréciable.

Sous son ton décalé et enjoué, le roman cache des choses beaucoup plus sérieuses, faisant écho à notre monde, à la nature et à l'absurdité humaine.
L'auteure dresse, à mon sens, un portrait peu reluisant de l'humain lui-même et de la société. Mais sous des dehors pessimistes, j'y ai aussi vu une ode à l'amour. Malgré la souffrance et le désespoir que peuvent ressentir la plupart des personnages, ces derniers sont finalement en mal d'amour, et tous les maux proviennent au final de ce manque d'affection et d'acceptation qu'ils ont ressenti.

Ce roman est un véritable hommage aux mangas, et est à découvrir. Le ton très décalé pourrait rebuter, mais il ne faut pas s'arrêter à ça. J'ai été content de ressentir la passion, et même l'amour, que l'auteure a pour le genre, et pas seulement. 
Les éditions Underground prouvent une fois de plus leur capacité à publier des livres riches et de qualité. 

vendredi 10 mars 2017

Lebenstunnel tome 1 - Allégeance



Synopsis :


Et si le dénouement de la Seconde Guerre mondiale n’était pas celui que l’on connaissait ? 200 ans après la victoire d’Hitler, Germania n’est plus un mythe. La race aryenne tant espérée par le Führer domine le monde et toutes les autres ethnies ont été éradiquées de la planète. Krista, jeune Aryenne, travaille dans un Lebensborn. Elle a été élevée dans le moule de la race pure et ne connaît que ce mode de vie, jusqu’au jour où elle suit malgré elle une femme dans les égouts de la ville. Ce qu’elle y découvre va ébranler toutes ses convictions et peut remettre en question le fonctionnement même du monde dans lequel elle vit.  


Chronique


Tout d'abord, je remercie Oxanna de m'avoir permis de lire ce livre en service-presse, d'autant plus que je ne le regrette absolument pas !

Oxanna a démontré son talent en imaginant ce qu'il aurait pu se passer si l'allemagne avait gagné la seconde guerre mondiale. Sa très belle plume m'a fait vivement ressentir l'effroi à l'idée d'imaginer une situation aussi terrifiante. À notre époque où la technologie prend de plus en plus d'ampleur (je n'aime pas employer le terme progrès vu comment tourne la société), il fût aisé de faire le parallèle entre la situation de notre monde et cette histoire.
L'univers décrit est évidemment sombre, où la race aryenne, dominant le monde, agit tels des pantins conditionnés à ce que le gouvernement leur ordonne de faire, sans le moindre sentiment. Pourtant, au fur et à mesure de l'intrigue, une pointe d'espoir se fait ressentir.

Si au début, j'ai trouvé que certains événements arrivaient rapidement (il y a une chose à laquelle je n'ai pas trop adhéré), la donne a changé pour certains d'entre eux au moment d'arriver à la fin. Oxanna m'a impressionné par sa faculté à brouiller les pistes, accentuant sans cesse le suspense et surtout les révélations brutales difficiles à deviner. En ce sens, j'ai adoré la cohérence avec laquelle Oxanna a construit son intrigue, distillant des scènes très réalistes et imagées, ainsi que des interactions intimistes et fortes en émotions.

Les personnages sont attachants, et pour eux comme pour moi, divers sentiments prenaient le pas selon les situations. Il n'y a pas un personnage que j'ai plus aimé qu'un autre je pense, car à mesure que l'on apprend à les connaitre, chacun se révèle attachant (ou détestable). Si je n'étais pas toujours d'accord avec les décisions et réactions des personnages, d'un autre côté elles étaient compréhensibles. 

Le sujet de cette histoire m'intéresse depuis longtemps, et Oxanna, en le transposant dans le futur, l'a selon moi magnifié. Pour moi, le message est clair : il y a des choses que nous ne pouvons comprendre quant à la nature humaine.
Je me désole moi-même de cette incompréhension liée à la soif de contrôle et de pouvoir de l'être humain, alors que quand on y réfléchit, les événements passés quant à la guerre n'ont aucun sens. Mais il faut croire que c'est le prix à payer pour que le monde trouve un équilibre entre le bien et le mal.

Oxanna a montré à travers cette histoire que si nous ne nous donnons pas la force de combattre pour ce en quoi nous croyons, nous resterons des moutons que la société cherchera toujours à contrôler, et cela fait clairement écho à notre monde. De même, la manipulation à travers ce qu'on nous enseigne est aussi à prendre en compte, un des messages du roman étant celui de raisonner par nous-mêmes, de voir au-delà de ce qu'on nous montre, car nous devons être maitre de nos vies. Tous les humains ne se valent pas, et à travers ce roman qui fait se confronter différentes races, c'est une preuve indéniable. Les thèmes de la différence, de la tolérance et de l'acceptation de qui nous sommes sont évidemment très marqués, ainsi que celui de la peur, qui empêche finalement certains personnages de se rebeller. La liberté a un prix, et ce prix est le combat que les personnages doivent mener pour leur propre bien mais aussi pour celui de la planète.

Ce roman a été un coup de cœur, et je félicite Oxanna pour l'avoir si bien écrit, d'autant plus qu'elle s'est bien documentée pour rendre son histoire crédible. 
Je lirai la suite avec plaisir.